Saturday, 26 October 2013

Nanook: une expedition polaire à travers l'Arctique Canadien



Le projet en quelques lignes :
      Courant Février 2014, je me lancerai pour la plus difficile de mes aventures : une traversée en solitaire de l’arctique canadien. Partant de Kugaaruk, petite communauté Inuit sur la cote Nord du Canada, je voyagerai à skis, tirant un traîneau chargé de mes affaires, allant d’un village à un autre, jusqu’à atteindre la communauté groenlandaise de Qaanaaq, 2300 km plus loin, sur la côte Nord-Ouest du Groenland.
      Désireux de faire partager cette fabuleuse aventure avec le Grand Public, de les inspirer, de les faire rêver et leurs faire découvrir l’arctique tel que je le verrai, je me suis associé avec la société de production ‘’ Moosestash Films’’ - basé à Vancouver, et créée par les cinéastes primées Joséphine Anderson et Brittany Baxter pour réaliser un film documentaire de 20 mn sur l’aventure vécue. Il sera réalisé en version anglaise et française, et présenté dans divers festival de films d’aventure. 
      Mais pour réaliser ce beau projet, j'ai besoin de sponsors...  
 


Les partenaires actuels de l'expedition Nanook:

Sponsor:


  • Arctic Farmer http://www.arcticfarmer.com , du Canada. La plus importante pepiniere et entreprise de paysagisme de Yellowknife, la capitale des Territoires du Nord-Ouest. J'ai fais la rencontre de ses propriétaires en 2007. Ils étaient mes employeurs avant de devenir mes amis. Sans leur soutien, cette expedition ne serait pas. Je leurs dois beaucoup, un GRAND merci! 


Partenaires en or: 

  • Steger Designs http://www.mukluks.com/, des USA, m'offrent une paire de Mukluks Arctic, les meilleures bottes d'hiver disponibles! Fait dans du cuir d'élans et de la toile de coton. Une des très rare bottes d'hiver qui respirent et vous garde donc au sec.                                                                 
  • Carinthia,  www.carinthia-bags.com/ , d'Autriche, m'offre 2 sacs de couchage en G-loft, un Light 1300 et un Light ES. Ils seront utilisés en système 2 en 1. Ayant utilisé des sacs de couchage Carinthia pour toutes mes précédentes aventures, je les considère comme les meilleurs sacs de couchage sur le marché. Je préfère l'utilisation du synthétique au duvet pour leur performance même mouiller.                                                                                                                                            
  • Hilltrek http://www.hilltrek.co.uk/, d'Ecosse, m'offrent une excellente veste: la Liathach Cotton Analogy Extreme Smock. Hilltrek est une petite entreprise et ne peut pas se permettre de sponsoriser des expéditions, je suis très chanceux et les remercie beaucoup! Ils produisent des vêtements faits de Coton Ventile, un produit solide, respirable, imperméable et naturel. Hilltrek a créé un nouveau concept de vêtements extérieurs imperméables avec le Cotton Analogy. Il utilise un solide coton Ventile à l'extérieur et une doublure Directional Nikwax Analogy Pump. Il vous garde totalement au sec même par forte pluie et respire bien.                                                           Ayant auparavant utilisé une veste de coton en hiver, c'était le genre de produit que je voulais pour l'expédition Nanook. Contrairement aux autres produits imper-respirants, comme Gore-Tex par example, qui ne respirent plus lorsqu'il devient trop froid, le coton continue à respirer, et c'est un très bon coupe-vent. Le Coton Ventile est un coton spécial, imperméable et plus solide que le coton normal. Parmi les quelques rares entreprises qui fabriquent des vêtements en coton Ventile, je crois vraiment qu'Hilltrek est la meilleure d'entre eux: la qualité de fabrication et le design sont excellent!                                                                                                                                                   
  • Taïga Works https://www.taigaworks.ca/ , une entreprise Canadienne basée à Vancouver, m'offre un prototype dérivé de leur parka ELLESMERE, une parka de duvet d'oie de haute qualité, imperméable et respirante. Une "arme" très bien conçue pour m'aider à combattre le froid extrême! Ils m'offrent également un pantalon de duvet, le Regular Down Pants, et leur excellent pantalon  de ski imper-respirant AVALANCHE Pants.

Partenaires:  

  • Hilleberg, www.hilleberg.com/ , de Suède, m'offre une remise de prix sur une de leur tente haut de gamme: la Nammatj 2. On ne présente plus Hillberg, leader mondial sur les tentes d'expédition! Ils font des tentes de très haut qualité qui ont été testées et utilisées dans les conditions les plus difficiles: les régions polaires, l'alpinisme himalayen et même la jungle. Les tentes Hilleberg sont rapidement devenues LA référence. Ils reçoivent beaucoup de demande de sponsor et ne peuvent bien sûr pas aider tout le monde, j'ai donc beaucoup de chance!                                                                                                                     
  • Falières Nutrition http://www.lyophilise-voyager.com/ de France, m'offrent une remise de prix sur leurs repas lyophilisés. La nourriture est très importante dans une expédition polaire. J'ai calculé ma ration alimentaire quotidienne pour être à près de 6000 kcals pour un poids de 1kg. Pour pouvoir le faire, l'utilisation (partielle) de la nourriture lyophilisée est essentiel.                            
  • MX3 http://www.mx3.fr/, de France, m'offrent une remise de prix sur leurs barres énergétiques. Lors d'une expédition polaire, il est difficile de s'arrêter longtemps pour le déjeuner, l'inactivité ne produit pas de chaleur et le froid devient mordant. Des barres énergétiques, du chocolat et du thé chaud consommés pendant la journée sera la solution pour me fournir l'énergie sans devoir m'arrêter et faire cuir un repas.                                                                                                                                                    
  • Eric Philips www.ericphilips.com/‎, guide polaire et concepteur d'équipements d'Australie, m'offre une réduction de prix sur des fixations de skis de sa conception: les North Pole Flexi. Eric Philips est un explorateur et guide polaire qui conçoit et fabrique des équipements pour les expéditions polaires à ski. Trouver des fixations solides, fiables et acceptant les bottes souples n'est pas chose facile. Les fixations faites par Eric Philips sont la solution.                                                                
  • Ethic Etapes Côté Lac Evian http://www.cotelacevian.com/ , situé sur les rives du lac Léman, est un centre de résidence accueillants des séminaires, des groupes et des individuels de passage dans la région. Il a été ma résidence pendant mes 4 mois en France, préparant l’expédition Nanook. Désirant me supporter dans le projet, ils m'ont offert le loyer du dernier mois.  










Grande nouvelle! L'Expedition Nanook tentera de battre le record du plus long voyage polaire sans assistance ni ravitaillement!



            Pour éprouver plus intensément ce que les premiers explorateurs doivent avoir endurés, je vais tempter de completer mon voyage sans aucun ravitaillement. Mon itinéraire est donc légèrement modifié, évitant les villages de Taloyoak, Resolute et Grise Fjord.
    Je me trouve à mon camp de base à Yellowknife, au Nord du Canada, et m'entraine à tirer un lourd traineau, car je partirai donc avec 80 jours de nourriture et tout le nécessaire pour survivre dans un environnement polaire, soit un total de 140 kg. L'entrainement se passe bien et je suis prêt à relever le défie.
    Le record actuel du plus long voyage sans assistance (pas de chien de traineau, de kite, de moteur) ni ravitaillement à été établie en 2011 lors une expédition aller-retour au Pôle Sud. Il est de 2275 km. Je vais essayer de le battre en parcourant une centaine de km de plus.
    Le projet de filmer la vie contemporaine des Inuits se tient toujours. Je filmerai à Kugaaruk et Qaanaaq. Et bien sûr, l'expédition au complet. Je suis impatient d'aller explorer cette partie de l'Arctique et survivre les empreintes des explorateurs comme Sverdrup, Franklin, Greely ou Ross.






  Entrainement sur le Grand Lac des Esclaves: à cause du poids du traineau, j'ai dû échanger mes skis pour une paire de raquettes, m'offrant plus de traction.

































































Nouvelles de l'expedition Nanook




   2 Mars 2014: Apres une bonne semaine de retard du a la compagne aérienne, j'ai finalement reçu mon traineau et le reste de mon équipement. Je démarre donc officiellement l'Expedition Nanook demain, Lundi 03 Mars. La semaine passe a Kugaaruk n'a pas été vaine, le cineaste Tavi Parusel et moi avons accompagne des amis Inuits lors de sortie de chasse et de peche. Une bonne occasion pour moi d'apprendre la vie dans l'Arctic, et une opportunité pour Tavi de témoigner de la vie moderne des Inuits du Canada sur le film de l'Expedition Nanook  . La cineaste Josephine Anderson recevra ma position GPS chaque semaine, et la reportera sur le blog  . Ce blog est uniquement dédie a l'Expedition Nanook. Pour une plus grande visibilité, il est rédige en anglais. Retrouvez-y moi chaque semaine pour suivre ma progression!

    Je ne pourrais personnellement donner de nouvelles avant la fin de l'aventure, dans 80 jours.

12 Mars 2014: Mercredi 11 Mars, j'ai du appeler les secours. Mes orteils etaient severement gele, certains aussi dur que du bois. Durant ma premiere semaine, j'ai endure un blizzard pendant 3 jours, puis la visiblite revint mais un fort vent continua a souffler, et la temperature chuta a -35c (sans l'effet windshield). Mais chaque jour, je continuais a progresser, tirant 140kg, 6 puis 8 heures par jours, couvrant de 12 a 18 km. J'etais content de mes performances, et mes equipements fonctionnaient parfaitement, hormis mes bottes. Chaque jours, il devenait de plus en plus difficile de les enfiler. Le froid semblait faire retrecir le cuir. Je changeai le feutre interieur par un autre plus fin, mais mes pieds etaient toujours tres compresses. Trop compresses. Mardi, l'inevitable arriva: mes orteils trop compresses finirent par geler, le sang ne pouvant circuler facilement.
J'ai passe tant d'annees et d'argent pour cette aventure, c'est une enorme deception de finir de cette facon. J'ai l'impression de laisser tomber tout le monde, les amis et les partenaires qui ont aides et supportes l'expedition. C'est de ma faute, j'aurais du tester tout mon equipement plus rigoureusement. L'argent et le temps me manquait.

30 Mai 2014: Tout mes orteils se sont bien gueris. Et je retenterai une traversee de l'Arctique a ski. Cette region me fascine, et ce defi m'obsede. Si j'abandonne ce reve, je le regretterai toute ma vie, meme si je ne peux par encore fixer de date pour une nouvelle tentative. Je dois d'abord retourner au travail pour rembourser une dette de 10.000 euros...

Journal de bord (en anglais)




Monday, March 3th 
Temperature      : -25 
Progress              : 16km 
Time on the trail: 6h30 
  The Nanook Expedition is finally started. After waiting for a week in Kugaaruk, I received my sled and the rest of the equipment. I've take advantage of the week to go setting fish nets with George and his son Richard, and to go hunting with Richard and Kyle and Nick. Hunt unsuccessful. George has been awesome, so generous. Tavi spent the week in Kugaaruk too, to film. It was a lot of work less for me. He will come back to see me again tomorrow and then will return to Vancouver. It was fairly mild today, a bit windy. Cloudy. I progressed in snow-shoes, from 9am to 3.30pm. To pull 140kg on 2 sleds is tiring, but feasible. And the terrain will be better tomorrow. The snow doesnt slide, too dry. But it's compact. I'll sleep good tonight...  

Tuesday, March 4th 
Temperature      : -15 
Progress             : 10km 
Time on the trail: 6h 
  Blizzard. Tavi and Richard came to say goodbye and told me about a blizzard warning. Windy, white-out, warm temperature. I dont know why but I only did 10km. I walked from 9am to 3pm. The snow doesnt slide, I feel like pulling a plow, even if it's compact. I couldnt finish my breakfast this morning (too big). I saw an arctic fox. 

Wednesday, March 5th 
Temperature     : -25 
Progress             : 14km 
Time on the trail: 6h 
  Another blizzard day. It was very windy all night. Luckily I anchored the tent with the ice-screws and the snow was deep enough to sink in completely the snow pegs. One sled was totally buried in the morning. The wind calmed down in the morning, then came back strong in the afternoon. I had to fight not to stop before 3pm. I think I froze my nose. The camera doesnt work, frozen. It's still blowing a lot tonight, I'm glad to have a tent so strong. I'm very tired, my calf are cramped. 

Thursday, March 6th 
Temperature     : -27 
Progress             : 5km 
Time on the trail: 3h 
  Crazy wind all night. In the morning, it slowed down, but poor visibility. I dont follow snowmobile tracks anymore. The wind got stronger at mid day, no visibility. I ended up in an area of chaotic ice, I couldnt reconnoitre my route (I couldnt see anything). The wind got much stronger. I decided to set up camp. I dont know what I would do without my awesome parka! It keeps me warm when setting up and packing up camp, and in the tent. I hope to have a good day tomorrow. 

Friday, March 7th 
Temperature      : -30 
Progress             : 18km 
Time on the trail: 6h45 
  After blowing like a fury part of the night, the wind stopped. The day was very good, visibility and good terrain, wind wick to nil. The first hour was difficult, chaotic ice. I`ve got cold feet a good part of the day. This evening, I toke of the plastic sols and put the woolen ones, wrapped in a zipploc bag. And this morning, I switched the liners. The first ones were iced up. The other ones were thinner, it was then easier to put the boots on in the morning. My sleeping bag start to ice-up, probably because of the hole in the vapor-barrier. I'm gonna try to ductap it tonight. It's colder, I can feel it. My caribou mitts are icing-up too. I wear my face-mask all day, and my balaclava cover my nose at night. I think I've got a blister under my left big toe 

Saturday, March 8th 
Temperature      : -32 
Progress             : 17km 
Time on the trail: 6h30 
  Another nice day, not or little wind, sunny, good terrain. Pulling the sleds is still a lot of effort, I'm exhausted after the 6h30 of progress. I cant do much more for now. The renforcement plastic sheet under the big sled is already in pieces. 

Sunday, March 9th    
Temperature      : -35 
Progress              : 16km 
Time on the trail: 6h30  
  Clear and sunny day again. No wind in the morning, I was walking with just my 1st layer and my cotton jacket, but the wind picked-up at mid-day and I had to put on a fleece jacket between. I need at least 2 hours of walking to bring my feet back to life. I walk with my face-mask, to protect my nose and also to avoid icing-up the fur ruff. Tonight, I sent an ``ok`` with the SPOT and I hate a fondue savoyarde mix with some pasta and some beef: a suprem delight!! 
  Because I'm too slow, I decided to make a stop-over in Taloyoak and will send part of my food to Resolute. Relieved of this weight, I hope to do better. Then I think to do Resolute-Qaanaaq directly, by the Norwegian Bay. So no worry about the crossing of Devon Island anymore. There isnt much snow this year. The Sverdrup Pass may also be ``dry``. I`m gonna try to warm-up the camera tonight and to use it tomorrow. Now that I'm gonna get resupplied, no worry about fuel consumption... 

Monday, March 10th 
Temperature     : -33 
Progress             : 16km 
Time on the trail: 7h 
  Clear and sunny day. Windy. Some passage of difficult terrain, snowdrifts. It's cold... Tonight, I'm softly sit in my tent, the stove on, and finally take advantage of a good warmth. If I keep going in that pace, I'll need another 8 days to get to Taloyoak. That sled kills me! I wake up at 6am now, to start around 8. And finish around 3pm. I cant really do much more. 

Tuesday, March 11th 
Temperature     : -33 
Progress             : 10km 
Time on the trail: 7h 
  Hard day. Cold, windy, difficult terrain across land, and to crown it all, I froze many toes, hard as wood. My spirit is at it's lowest, the expedition is again a failure. I'll have to call for rescue tomorrow morning. I'm still at several days from  Taloyoak, I dont want take the risk to keep going and loss some toes. I'm gonna sell what I can and leave to somewhere cheap. 

Wednesday, March 12th 
  I turned on the SPOT since 6.30am, but tonight, 4.30pm, nothing... I then also sent the help message around 2.30pm, twice. Or the SPOT doesnt work, but it's flashing correctly, or they've got the wrong GPS coordinates and are looking for me in the wrong place. It seems that this last is common with the SPOT... It's worrying me a bit. I have enough to survive for another 70 days, but I dont want to loss some toes. They are still as hard. I am on the trail between Kugaaruk and Taloyoak, so not hard to find, and 2 planes flew over me today, maybe they saw me?  
I finally got rescued that night, by 3 Inuit travelling by snowmobile from Taloyoak. After a few days in Taloyoak, nursing my toes and selling some food and equipment, I flew back to Yellowknife. And because my work permit wasn't ready yet, I decided to spend some time in a cheap and warm country. I flew to Mexico, then traveled to Belize and especially Guatemala. Another adventure...

























































































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Monday, 10 June 2013

Canoe et rando dans le Grand Nord canadien

Mon projet pour l’été 2013 dans le Grand Nord canadien:
- 1000km en canoë, de la foret boréale a l'arctique
- 355km à pied à travers les montagnes Mackenzie

Remonter la rivière Snare:
          Je suis partis mi-Juin en canoë, seul, dans l'objectif de descendre la rivière Coppermine. Je quittai Yellowknife le 17 Juin, et commençai mon voyage sur le Grand Lac des Esclaves. Le temps fut radieux, même si je dus parfois lutter contre le vent. Après quelques jours, j'atteignis Bechoko, un petit village peuples principalement d’aborigènes. Je fis un tour au magasin d'alimentation, puis continuai ma route, cette fois en remontant la rivière Snare, sur 350km. Le début fut facile, ce n’était qu'une succession de lacs, et le temps se maintenait au beau fixe.
          Après une dizaine de jours, je tombai sur un canyon. Il y avait trop de rapides pour passer en cordant le canoë, je dus donc effectuer un long portage. Pendant toute une journée, je fis des allers-retours pour transporter mes affaires le long du canyon. Sur la carte topographique, il existe un chemin de portage, mais les aborigènes, qui étaient les principales personnes a l'utiliser, ne voyagent plus en canoë, et la Nature a repris ses droit. Le chemin a disparut. Des sentiers créés par les élans et les caribous m'aident a progresser dans le fouillis de la foret boréale. Et, chose étrange, les moustiques sont quasi inexistant! Après une grosse journée de 13h, épuisé au point d'en avoir des sueurs froides, je plantai enfin ma tente. Je n’étais pas arrive au bout du canyon, la vue d'un prochain rapide me promettait une autre journée de labeur... Mais quel fus mon soulagement lorsque au matin, après avoir portage ce rapide, je découvris que j'avais enfin passe le canyon! Les journées plus faciles se succédèrent, pagayant sur des lacs, sous un beau ciel bleu et un chaud soleil.
          Après 2 semaines de voyage, les choses se corsèrent a nouveau. Un autre passage truffe de rapides, et bien plus long que le canyon. Je cordais le canoë lorsque je le pouvais, pataugeant dans l'eau froide parfois jusqu'au thorax, et portageais lorsque je ne pouvais faire autrement. Un travail épuisant, et une progression lente. Mais il faisait beau, et le soleil me réchauffait, condition essentielle pour passer ses journées a batailler dans l'eau froide (je n'avais pas de combinaison néoprène ou étanche, budget serre...). Trois jours plus tard, le ciel se couvrit, la pluie tomba et la température chuta. Ce n’était alors plus la même musique. J'attendis 2 jours que le temps s’améliore. Au 3eme jour, ronge par l'ennui et impatient de progresser, je tentai de passer un premier rapide. Il pleuvait, c’était venteux et froid. Je tirai le canoë par dessus le rapide, immerge dans l'eau jusqu'au ventre. Des que le rapide fus passe, je cherchai rapidement un coin pour camper, montai ma tente, enlevai mes affaires trempes et me glissai dans mon sac de couchage, m'endormant comme une masse. J’étais frigorifie. Continuer signifiait l'hypothermie.
          Le jour suivant, le ciel se découvrit enfin. Le soleil perçait a travers les nuages, assez pour me permettre d'avancer a nouveau. La matinée fut tout aussi difficile, mais au fur et a mesure, la rivière devenait plus facile, et en fin de journée, quel bonheur lorsque j'atteignis enfin le grand lac Snare! Je stoppai au village de Wekweeti durant près de 2 jours, contant de changer ma nourriture quotidienne mais surtout de recharger les batteries de mon appareil photo et ma camera. En effet, je filmais le voyage en vue d'en faire un petit film de 20mn, et de m’entraîner à filmer pour un projet de traversée de l'arctique canadien a skis, prévue pour début 2014.
          La météo semblait être définitivement revenue au beau fixe lorsque je repris mon voyage. Pas un brin de vent cette journée-la, je couvris 50km. Quelle déception lorsqu'au lendemain matin, je fus accueillis par un épais manteau gris recouvrant le ciel et un fort vent du Nord. Je m’élançai néanmoins. Je pouvais apercevoir une cabane a quelques kilomètres de la et me la donnai comme objectif. Le vent forcissait d'heure en heure, et c'est avec grande peine que j'atteignis la cabane. Elle n’était pas en très bon état, mais elle m'offrit protection contre le vent et la pluie pendant 4 jours. Plus confortable que d’être bloque sous la tente, et ses locataires, 5 écureuils, me donnèrent un peu de distraction.
          Après 4 jours de météo exécrable (fort vent, pluies, ciel gris et froid), je commençais vraiment a trouver le temps long et remis en question mon voyage. J’étais partis il y a maintenant 4 semaines, et je suis reste bloque 8 jours au total, soit 25% du temps. C'est énorme, et ennuyeux. Ce voyage ne m'amusait plus, la météo capricieuse me dégoûtait. Je n’étais pas la pour faire un voyage hard-core cette fois, mais pour relaxer, prendre du bon temps et découvrir la rivière Coppermine. A cause de la météo, si je persistais et continuais jusqu’à Kugluktuk (arrivée), je prenais le risque de finir ce voyage trop tard et donc de ne pas pouvoir faire la randonnée sur la Canol Trail. L'avion qui nous (2 amis m'accompagneront) déposera au point de départ a été réservé pour le 04 Août et il me faut quelques jours pour préparer mes affaires. J'aurai donc eu un voyage en canoë pas très amusant, et rater l’opportunité de cette randonnée, qui semble superbe. Une fenêtre météo s'ouvrit, rien d'exceptionnel, mais un vent plus faible. Je décidai alors de faire demi-tour et rejoindre Wekweeti. Je mis 2 jours pour couvrir la distance, sous la pluie quasi-constante et bataillant parfois avec un vent très fort, venant cette fois du Sud... A un moment, je du m’arrêter et charger le canoë de lourd morceau de bois trempe pour abaisser sa prise au vent et améliorer sa tenue de cap.
          Je revendis le canoë au village, et pris l'avion le jour même de mon arrivée, retour a Yellowknife, ayant effectue 500 des 1000km prévue. Je restais chez mes amis, me préparant pour la randonnée.













                                                                                                                   
Randonner le Canol Heritage Trail: 
      Aout, avec mes amis Rupert et David, et son chien Sami, nous arpentâmes les 222 miles (355 km) du Canol Heritage Trail, un sentier de randonnée traversant les montagnes Mackenzie, entre les Territoires du Nord-Ouest et le Yukon.
      Durant la Seconde Guerre Mondiale, l'armée américaine construisirent une route pour ramener le pétrole de Norman Wells (Territoires du Nord-Ouest) jusqu'à une raffinerie à Whitehorse (Yukon). La route fut construite à grand frais, mais souffrit de difficultés techniques. Elle fut abandonnée après seulement 13 mois d'utilisation. Des sections du pipeline, les stations de pompage, du matériels abandonnés et autres bâtiments jalonnent encore le chemin. Dû à son isolation, sa longueur et ses traversées de rivières, ce sentier est considéré comme l'un des plus difficile d'Amérique du Nord.
      Après 16 jours à travers marécages infestés de moustiques, pierriers, montagnes et rivières glaciales, nous finîmes sous la pluie au sommet de la chaine des montagnes Mackenzie, sous un paysage grandiose de haute montagne. Mes amis avaient déjà fait cette randonnée 2 fois, en 27 puis 30 jours.
      Les 2 premiers jours furent les plus difficiles. Les 25 premiers miles (40 km) étaient couvert par des marécages, et nous décidâmes de les passer en une seule journée. Camper dans une zone infestée de moustiques ne nous réjouissait guère. La végétation avait repris le dessus sur l'ancienne route, et ils nous fallait souvent passer d'épais broussailles à quatre pattes, avec un sac de 25 kg sur le dos... De nombreux trous d'eau nous barraient la route, nous les traversions de l'eau jusqu'au ventre. La progression était pénible et nous doutions de notre capacité à avaler 40 km dans la journée. Mais après 11 à 12 heures d'efforts, nous atteignîmes les bords de la rivière Carcajou, où une cabane nous accueillit pour une nuit bien méritée.
      Le lendemain, encore douloureux des épreuves de la veille, une autre dure journée nous attendait. La traversée de la rivière Carcajou fut un peu mouvementée. Je glissai et fut emporté par le courant. David tenta de me venir en aide et fut lui aussi happé par les flots. Il termina sur la rive opposée, sain et sauf mais le sac à dos plein d'eau. Je rejoignis la rive de départ sans trop de soucis, mes affaires encore sèches, ayant fais le choix d'un sac étanche attaché sur une claie de portage. Malheureusement mon appareil photo était suspendu à mon cou et fut hors service pendant une grande partie de la randonnée. Avec Rupert, nous trouvâmes un gué où traverser, de l'eau à la taille, et rejoignîmes David.
      Dans l'après-midi, nous remontâmes le canyon Dodo, un immense pierrier couru par un torrent glacial qu'il nous fallait tant de fois traverser. La route avait totalement disparue, emportée par les crues. Les pierres nous meurtrissaient les pieds et les chevilles, et c'est épuisés et endoloris que nous arrivâmes aux bâtiments abandonnés marquant le 36ème miles. Les jours suivant furent moins pénibles. Il y avait encore quelques marécages à passer, 2 importantes rivières (la ''Little Keel'' et la ''Twitya'') à traverser, un autre canyon pierreux à descendre et des dénivelés à avaler, mais le beau temps resta avec nous presque jusqu'à la fin et l'esprit était haut.