Friday, 5 August 2011

meharee australienne

      
Desireux d'apprendre a voyager dans le desert avec des dromadaires, je contactais plusieurs tour-operateurs proposant ce genre d'aventure. Mon premier choix etait "Outback Camel Compagny", une compagnie qui proposait les plus long trek, en totale autonomie (pas de vehicule d'assistance), et hors des sentiers battus. Son fondateur, Andrew Harper, avait traverse l'Australie d'Ouest en Est, seul, accompagne de 3 dromadaires. Un voyage de 229 jours et 4637km, intitule "Capricorn Expedition 1999". Andrew me contacta plusieurs semaines plus tard, lorsque je n'y croyais plus. Et Mi-Aout, j'eus la chance de joindre l'equipe pour un raid de 10 jours en tant que guide assistant dans le desert de Simpson, au coeur de l'Australie.




















 






 
Remerciements: Andrew Harper (Camel Outback Compagny) and Christy Van Der Heyden

Sunday, 20 June 2010

la toundra des caribous

Ete 2010, ca y est, je suis pret pour la seconde etape de ma traversee du Canada. Je partis seul a nouveau, en canoe, a travers les Barrens Lands (Terres steriles). 1800km de Nature sauvage, sans aucun village ou autre point de ravitaillement possible, et les 3/4 du voyage se derouleront au-dessus de ligne des arbres. Mes premiers "pas" dans l'arctique.
Je quittais Yellowknife, la capitale des Territoires du Nord Ouest le 20 juin. Le debut ne fut pas de tout repos. Le bras Est du Grand Lac des Esclaves, que je pagayais pour la 3eme fois, me donna beaucoup de difficulte. La meteo fut peu clemente, beaucoup de vent rendant la navigation dangereuse, et je devais attendre les accalmies pour pousuivre ma route. Comme il faisait jour 24h/24 (meme si j'etais en dessous du cercle polaire, le soleil ne descend pas tres loin derriere l'horizon), je pagayais de jour comme de nuit. Des que le vent faiblissait, je m'elancais. Quand il reprennait, je stoppais, mangeais et dormais par petits sommes. J'arrivais chez mon ami Dave Olesen epuise. Il habite a l'ecart de la civilisation, a 350km de Yellowknife, avec sa femme et ses 2 filles. Ils se sont construits un havre de paix et vivent du tourisme: l'hiver ils guident des voyages en traineau a chiens et l'ete ils offrent l'hebergement et les bateaux pour les passionnes de peche. Dave est un veteran de l'Iditaroad, la plus longue course de traineau a chiens au monde, il est egalement auteur de plusieurs livres.
Je passais de la foret boreale a la toundra apres avoir franchis le fameux portage Pike. Je pagayai quelques jours sur une serie de lacs et gagnai la riviere Back apres un petit portage. La descente complete de la riviere Back, la plus redoutee des rivieres de l'arctique canadien (83 rapides!), fut une epreuve de courage et de resilience. Je sais maintenant ce qu'avoir l'estomac noue veut dire... Je ne fis neanmoins qu'un seul portage, passant tout les autres rapides a la pagaie ou en cordant le canoe.
J'eu la chance de voir les prehistoriques boeufs musques, de magnifique loups blanc, un glouton, mais la cerise sur le gateau fut de croiser des milliers de caribous en migration vers le Sud! Vers la fin du voyage, je remontais une petite riviere qui devint seche. Comme je n'etais qu'a 200km du village de Kugaaruk, mon arrivee, j'abandonnai le canoe, chargeais mon sac a dos de l'essentiels de mon equipement et 7 jours de nourriture, brulai le reste des affaires et partis a pied rejoindre le village. Au 2eme jour, je dus traverser une riviere. j'otais mon pantalon, chaussais une vielle paires de basket pris pour cette occasion, et apprais avoir choisis un endroit moins profond, je traversai. Le courant et les caillous ronds et glissants menacaient mon equilibre, et l'eau glaciale rendait mes jambes si faibles que je m'effondrai apres avoir fais les 2/3 de la traversee. Je me relevai, fis quelques pas et rechutai. J'atteignis la rive avec d'insensibles poteaux a la place des jambes. Je remis mon pantalon, les chaussures de rando et partis en marche rapide pour me rechauffer.   Le 15 Aout au matin, la neige recouvrait le sol! Elle fondu rapidement. Apres 5 jours, je n'etais qu'a 40km du village, quand un helicoptere travaillant pour un site d'exploration minier me repera et vint se poser pres de moi. Ils etaient surpris de voir quelqu'un ici, seul, au milieu de nul part! Je leur racontai mon aventure et ils m'offrirent de me deposer au village. J'acceptai volontier. 59 jours plus tard, j'arrivai donc a Kugaaruk et eu ma premiere rencontre avec ce peuple qui me fascine tant: les Inuits.
















Remerciements: Darwin Rudkevitch, the Olesen family and the Amautinuar family

Saturday, 1 August 2009

Les geants de Kodiak

 
Durant l'ete 2009, je ne pus continuer mon aventure a travers le Canada car je devais quitter le pays pour reoptenir un nouveau visa et permis de travail. Je partis donc en Alaska, et je decidai d'aller visiter l'ile de Kodiak, reputee pour heberger les plus gros ours du monde: les ours de Kodiak. Je partis en auto-stop, et parcouru les 3500km jusqu'a Anchorage en seulement 3 jours! Je pris le ferry et accostais sur l'ile de Kodiak debut Aout. J'achetai un kayak sur place et m'elancai pour ma premiere experience en kayak de mer, seul, autour de l'archipel de Kodiak (6 iles principales). La cote Est fut relativement calme et je ne croisais personne, sauf lors de mon passage dans un petit village cotier pour recompleter mes provisions. La cote Sud etait plus sauvage, la mer plus grosse et le vent plus violent, empechant les arbres de pousser. Les ours y sont egalement plus nombreux. Un apres-midi, je vis un gros ours se promener sur la plage et voulu m'en approcher, en kayak, pour prendre une photo. Mais lorsqu'il me vis assez proche, il bondit dans l'eau et essaya de m'attrapper! Je fis demi-tour aussi vite que je le pu et fus rapidement hors de porter. Le soir, au bivouac, je le revis, il marchait dans ma direction, mais ne semblait pas m'avoir vu. Au dire des gens et de ma propre experience, les ours evitent le contact avec les hommes en regle general. Mais ils voyent mal, et confondent parfois un humain avec une proie. Je decidais donc d'aller au devant, de lui faire sentir qui j'etais, et etais sur qu'il s'en irait alors. Je n'avais comme protection qu'une bombe aerosol anti-ours, genre bombe au poivre, et mon poignard de chasse (arme ridicule contre un ours, mais mieux que rien...). Je pris les deux ainsi que mon appareil photo. Je me dirigeais donc vers lui, et lorsqu'il m'apercu, il se mit a courir, vers moi... Je m'arretai et essayai de reflechir rapidement sur la situation. Je grimpai sur un rocher d'un metre de haut et levai mes bras, pour paraitre plus imposant. Il ne changea ni son allure ni sa direction. J'avais le vent de face, donc l'ours ne pouvait me sentir. Je gravis alors un haut talus bordant la plage dans l'idee de contourner l'ours et lui permettre de me sentir. En haut du talus, je vis l'ours s'arreter au pied du sentier, se dresser sur ses pattes et humer l'air. Comme prevue, il fit demi-tour et s'enfuya.
Je retournais a mon bivouac et me glissais dans mon sac. Un bruit me reveillai. J'ouvris la porte moustiquaire de la tente et jettai un oeil: l'ours etait la, a une dizaine de metre de moi. Il essayait d'attraper des poissons qui cherchaient a remonter le ruisseau pres duquel je campais. La saison des saumons demarrait enfin! Ils etaient en retard cette annee, et les ours avaient fain. Mais ca ne faisait pas mon affaire cette nuit la... Un ours brun si pres de la tente, ca rend pas le sommeil facile. Je m'assis devant la tente, la bombe anti-ours dans une main, le poignard de l'autre, et montai la garde. L'ours perdit l'interet sur les poissons et fut attire par le kayak. Il sentait probablement la nourriture stocke a l'interieur. Des qu'il s'approcha du kayak, je geulai, et il recula! Les ours se mefient des  hommes, et celui la ne fit pas exception. En regle general, si l'on a beaucoup de confiance et ne montre aucune peur, un animal, meme aussi puissant qu'un ours, prefera passer son chemin. Et mon ours me quitta definitivement vers 3 heures de matin. J'allai me recoucher aussitot.
Au Sud de l'ile, je stoppai dans une usine de mise en boite de poisson, ouverte seulement durant la saison des saumons. Des centaines de personnes, venant d'Alaska, du reste des Etats-Unis, et beaucoup des Phillipines, y travaillaient, 12h/jours, 7j/7. Je fis la rencontre du directeur, qui fut surpris de voir un kayakiste arrive jusque la. Il m'invita prendre un cafe puis me fit visiter les lieux. Les ouvriers me regarderent d'un air etonne: mais qui etait donc ce gars qui venait d'arriver en kayak et qui maintenant se faisait faire la visite du proprietaire par le grand patron? Le soir, je fus invite a manger a la cafeteria, dans la partie reservee aux cadres! Et la nuit, j'eus un apartement a ma disposition (chaque cadre loge dans de petits apartements individuels). J'eatis le bienvenue aussi longtemps que je le desirais.
  Mes rencontres rapprochees avec les ours et les baleines, et le defi du voyage en mer furent une experience inoubliable. Je revins a mon point de depart 40 jours plus tard (et 1000km), a Kodiak city, en hero local. Je fis la Une du journal local et une equipe de television francaise realisant un reportage sur l'ile pour Arte, m'interviewerent et je passai sur le petit ecran!
























Remerciements: Janelle Christiansen, Patrick Quesnel alias "Captain Pat" et Ed Abrahamson